dimanche 22 janvier 2006

Rouge Balzac, Noir Lennon




Prenez un dimanche après-midi,
de préférence gris,
de préférence à Paris.
Ajoutez-y deux ballades.
Entrez.
A Passy, observez un immeuble Perret
dont le béton s'effrite et livre ses tringles d'acier.
A La Villette, franchissez le vide silencieux de l'eau encanalisée.
Faites la queue, payez,
Balzac travaillait la nuit pour échapper au bruit des voisins.
Lennon ? Vous verrez sa guitare, visiterez son studio,
sa vie affichée au fil des pas, au fil des vidéos, des diapos,
et des fausses cabines téléphoniques,
on vous expliquera les seventies,
de la révolte aux disputes,
vous l'entendrez chanter,
et vous jetterez un mot dans l'arbre aux idées.
Culte ? Non. Mais une mise en scène qui use des mêmes procédés
Basculez. "De la plume à l'écran. Balzac en trois D".
Jeu de glaces et de vidéos dans la maison feutrée,
Beauté des phrases qui décrivent un XIXe siècle sordide et sévère, la misère en recherche de dignité de classes moyennes au sort mal assuré, dont le destin pouvait basculer avec brutalité. Et la mécanique des médias : "peut-on présenter une histoire d’amour au cinéma avec une héroïne ayant « la tête énorme, le front masculin », le nez « un peu trop fort », le velouté de la peau détruit par une petite vérole ?" interroge l'exposition.
"L'infidélité est-elle inévitable pour passer du monde romanesque à la troisième dimension?"
Puis vous vous étonnerez du pouvoir que donne la 3D de suivre l'auteur lorsqu'il vivait par la pensée dans la Pension Vauquer...
L'actualité d'une oeuvre, conclut l'exposition, réside dans sa capacité à inspirer de nouvelles créations....