lundi 17 avril 2006

Fahrenheit 451...enfin ?

Ce que je déteste dans le phénomène "blog", c'est cet état des lieux auquel il condamne, auquel il nous renvoie en permanence, tant la prise de parole y est crue. Impossible de se voiler la face... Pour tant de commentaires insignifiants, affligeants, voire atterrants, combien de hauteur de vues, combien de discussions, au sens où l'entendait Gabriel Tarde ?
A lire certaines pages du blog d'Assouline, je me dis décidément que oui, j'ai bien fait d'arrêter de lire Le Monde. Merci Médiévizmes, de ce rappel déontologique, qui vaut pour l'Historien, et qui, autrefois, en ces temps pas si lointains où la presse existait, je veux dire : en ces temps où la presse présentait des opinions, les défendait, les combattait, valait pour le Journaliste.
Ce qui fait recette aujourd'hui ? Le mépris et la dérision, pas même le cynisme...
Alors que valent les sources, que valent les lieux qui les abritent ? Une colonne, une photo, un Palais fût-il de Tokyo, n'importe quel monument, et pourquoi pas un blog, ne suffisent-ils pas pour constituer des "lieux de mémoire", porteurs de bonne conscience ?
Pourquoi, dans ce cas, conserver des lieux et des métiers d'Histoire ?
A qui bon ?
Feu les Archives Nationales, donc... On en a pris la voie...
Et bientôt feu l'Ecole des Chartes, feu La Sorbonne, feu leurs bibliothèques ... On en prend le chemin..
Après encore, feu l'EHESS... Feu l'Université...
Encore un effort citoyen intellectuel, Fahrenheit 451 n'est pas loin...
Quant à moi, je souhaite longue vie aux hommes-livres !!