dimanche 9 juillet 2006

Pauvre Madame du Châtelet

A la BNF - entendez le site désormais princeps, celui des quatre livres marquant les coins d'une improbable place - j'ai cherché vainement Madame du Châtelet.

J'ai cherché, désireuse de voir cette évocation des Lumières qui s'étendait jusqu'aux femmes,

- Mais non, me dit l'aménité adminstrative, vous ne trouverez pas, c'est à Richelieu.

Déjà peu emballée de cette Expo-Lumières que je venais de visiter, qui était censée rappeler au monde combien ce temps de l'Occident fut grand, riche, profond

(je reviendrai sur ce temps où l'on claqua tant…)

La rélégation me déçut…

j'y allais néanmoins, décidée à voir de quoi il retournait.

Car, le personnage m'intriguait. J'avais envie d'en savoir plus.

Météor filant, je rêvais…

Après tout, il faut bien que tourisme se passe et qu'il rapporte;

À la BNF, la culture-poncif : un touriste, cela ne se déçoit pas, cela se conforte, cela se bichonne…

A Richelieu, la perle de pensée, l'étonnement rare, l'énigme analysée…

Une petite heure plus tard, je dus de nouveau vider mon sac, franchir le portique façon aéroport,

traverser le joli vestibule que nous hantions pour nos recherches il y a peu encore,

monter les escaliers,

passer le tourniquet façon RATP, décalé dans le contexte,

Franchir le seuil

Et recevoir le choc.

Pauvre Madame du Châtelet…

J'attendais qu'on m'explique l'originalité de sa pensée, de son œuvre; j'attendais qu'on m'explique pourquoi seule une personne seulement s'était risquée à la traduction de Newton ??? Et pourquoi cela avait été une femme…

Pourquoi pas un homme, d'Alembert, par exemple - je ne parle pas de Voltaire- ou tel autre grand Académicien de la classe de physique ????

Voltaire avait voué

Cette femme à l'intelligence

et aux pompons. (texte du premier cartel)

Nous en restâmes aux pompons…

aux robes, aux fanfreluches, au mari,

Aux amants, à leurs écrits, à ses états d'âmes

À la vraie femme, quoi, à la vraie vie

Avec au bout, il est vrai, le Traité sur le bonheur...

Merci chère BNF de m'avoir somme toute rappelée à mes devoirs.

d'avoir convoqué l'histoire:

Où nous égarons-nous,

nous autres femmes intellectuelles ????

C'est promis : je garde précieusement ma garde-robe

Mes recettes de cuisine, mes tentatives de tricots,

Mon vélo d'appartement,

Et la manière dont j'ai langé mes enfants…

puisque c'est ce que la postérité retiendra.

Quant à l'Histoire des Techniques,

Comme on le dit chez moi

"Quoi, une femme, s'occuper de ça ???"

Pauvre, pauvre Madame du Châtelet.

Un peu plus loin, à la même heure,

dans les jardins du Palais-Royal,

Arman râlait…


Liens sur Madame du Châtelet :

http://www.clionautes.org/article.php3?id_article=999

http://expositions.bnf.fr/lumieres/pedago/fiche_2.pdf


Et sur Arman :

http://www.ac-amiens.fr/etablissements/0601178e/rvluso/breve.php3?id_breve=202